Découverte – Clans of Caledonia

Découverte – Clans of Caledonia

Clans of Caledonia est un jeu de stratégie qui se joue de 1 à 4 joueurs (il y a une variante solo) et qui dure environ « 30 minutes par joueur ». Beaucoup de jeux de stratégie de ce genre n’annoncent pas clairement  la durée de partie, souvent beaucoup plus grande qu’indiquée. Ce n’est pas le cas ici. Pour notre première partie à 3 joueurs, nous avons à peine dépassé l’heure et demi de jeu!

Ce qu’on se dit lorsqu’on tient Clans of Caledonia dans les mains, c’est d’abord que la boîte est remarquablement lourde, surtout lorsqu’on prend en considération sa petitesse. Ensuite, on l’ouvre, et là le monde merveilleux des petits cubes et des pions en bois se dévoile à nous et nous en envoie plein la figure. Le matériel est sobre mais parfaitement bien réalisé, et quoiqu’on en dise, ça compte. Pour ma part, j’adore le design qui fait écho à celui de Isle of Skye (c’est le thème qui le veut) et comme j’ai tendance à avoir des étoiles dans les yeux à la vue des petites vaches, des petits cochons, et des petits tonneaux en bois, je suis parfaitement dans mon élément 🙂

Mais que fait-on exactement dans Clans of Caledonia? C’est très simple et…pas vraiment! Chaque joueur prend le contrôle d’un clan écossais qu’il choisit en début de partie. Il lui donne un avantage stratégique réel qui va ensuite le guider dans ses choix pour le reste de la partie. Moi, avec mes Cunningham, on a roulé sur le marché du lait et on a construit un empire financier sans égal. Et comme ça, hop, on a pu construire toutes nos distilleries.

Votre clan, il faut le mener vers la gloire ! Et pour cela il faut être prêt à tout (sauf taper sur ses voisins, car nous sommes seulement intéressé par le whiskey) ! L’idée est d’ailleurs assez claire : il faut coloniser le plateau de jeu et y construire les bâtiments nécessaires à la production de diverses ressources plus ou moins précieuses. Ces ressources seront ensuite utilisées pour remplir un maximum de commandes, ce qui nous permettra de gagner des points de gloire et de participer à la richesse globale des joueurs. Moi, avec mes Cunningham, on a colonisé toutes les plaines pas chères pour mettre nos vaches et nos moutons, et on a inondé le reste de nos terres de champs de blé pour alimenter nos distilleries. Et là, on s’est dit : « Maintenant, on va faire du whiskey et tous les autres clans seront jaloux comme des poux ».

On va s’arrêter là pour les explications, sinon on pourrait y passer des heures, mais sachez tout de même qu’à chaque tour, vous allez pouvoir réaliser une action parmi 8 possibles. Les règles sont très claires, et si elles sont (on ne va pas se le cacher) assez complexes, il est facile de retrouver des informations en cours de partie. On se sent un peu perdu lorsque vient le moment de se lancer dans l’aventure et il ne faut pas s’étonner si la première manche est un peu difficile ou s’il faut faire une partie complète pour comprendre comment jouer correctement. Mais c’est aussi ça qui fait le plaisir de la découverte de cette petite pépite. La diversité des actions et l’étendue des stratégies possibles sont un peu vertigineuses, mais ces éléments de jeu offrent une expérience assez incroyable une fois maîtrisés. Avec mes Cunnigham, on aurait pu gagner mais le whiskey était finalement moins bon que celui des Buchanan, le clan d’à côté qui était le roi des exportations. Notre vengeance (commerciale) sera terrible.

J’ai absolument adoré ce jeu de bout en bout, qui tient toutes ses promesses et conviendra parfaitement à tous les amateurs de jeux de gestion comme Agricola ou Yoko-Hama.

Découverte – Yoko Hama

Découverte – Yoko Hama

Yoko Hama est un jeu de gestion pour 2 à 4 joueurs. Il se joue à partir de 14 ans. La durée moyenne d’une partie oscille entre 1h30 et 2h. Devenez le chef de votre entreprise japonaise et inondez le marché européen de soie et de thé afin de remporter la partie!

A première vue, la mise en place de Yokohama peut être légèrement anxiogène pour les joueurs qui n’ont pas l’habitude de jouer à des jeux de type « cube-en-bois ». Vous savez, ceux qui ont des pions de ressources de tous les types, des cartes de tous styles, un plateau central, ou comme ici, une multitude de plateaux centraux, et des petits plateaux individuels que chaque joueur s’écharpera pour optimiser pendant sa partie! Et bien ici, c’est complètement le cas, sauf que les cubes en bois ont été troqués contre des petits jetons cartonnés.

A Yokohama, chaque joueur se retrouve à la tête d’une entreprise dont le but sera de gagner un maximum de points de prestige en réalisant des commandes et en les exportant en Europe. Pour réaliser cet objectif, vous devrez récupérer les ressources nécessaires afin de faire fleurir votre business. Le jeu ne s’arrête pas là et vous propose également de réaliser des avancées technologiques afin d’avoir des avantages pendant la partie, de faire de l’importation (les marchandises importées valent beaucoup d’argent et de points) et même d’aller à l’église afin de prouver que vous êtes un bon croyant (la foi peut donner beaucoup de points de victoire au plus zélé d’entre-vous, ne la négligez pas !).

Au niveau de la mécanique de jeu, c’est finalement assez simple : à chaque tour un joueur peut poser jusqu’à trois assistants de sa couleur sur trois plateaux de lieux différents (ou deux au même endroit). Il n’y a pas de limite au nombre d’assistants pouvant se trouver sur un lieu. Il va ensuite déplacer son président sur l’un des lieux sur lesquels il possède au moins un assistant. A noter que, concurrence oblige, il est interdit de poser son président là où un autre est déjà présent.

Le joueur réalise ensuite l’action du lieu sur lequel son président se trouve à hauteur de la force de travail qui s’y trouve. Exemple: j’ai trois assistants et un président, ma force de travail est de 3+1=4. Plus cette force est importante, plus l’action réalisée sera intéressante : j’aurais plus de ressources, je pourrais construire un entrepôt ou une maison de commerce, récupérer des bonus, etc.

Je ne vais pas m’attarder plus sur les règles et je me contenterais juste de préciser que ces dernières sont claires, bien construites et facile à appréhender. La prise en main de Yokohama est, contrairement à ce que la mise en place laisse présager, remarquablement évidente. La mécanique des actions est toujours la même et assez intuitive. Le reste est une question de stratégie et cette dernière va en partie dépendre des actions de vos adversaires. Car la concurrence est rude et si vous ne souhaitez pas vous laisser surprendre, il faut être vigilant, quitte à couper l’herbe sous le pied d’un adversaire !

Pour ma part, chaque partie de Yokohama est toujours un grand plaisir. La première partie a été un véritable coup de foudre, je ne lui trouve pas de défaut : il est facile à prendre en main, il propose une myriade de possibilités de jeu, chaque partie a une mise en place différente, ses graphismes sont minimalistes mais clairs (je les trouve beaux mais l’amour est aveugle), la lisibilité est parfaite et les parties ne dureront pas plus d’1h30.

Le temps d’en faire une deuxième, me direz-vous ? Non, mes neurones ont fondu et je ne souhaite pas voir mon cerveau dégouliner sur la table. Peut-être demain. Très vite en tout cas 🙂

Découverte –  Huns (ou l’apologie du pillage)

Découverte – Huns (ou l’apologie du pillage)

Huns est un jeu de stratégie pour 2 à 4 joueurs à partir de 14 ans et qui dure environ 45 minutes. La durée d’une partie est complétement respectée mais l’âge préconisé est curieusement élevé, le jeu étant extrêmement facile à prendre en main et à maîtriser. Est-ce le thème abordé? Dans tous les cas, je le recommanderai à partir de 9-10 ans.

Huns a été le grand gagnant du prix Ludinord en 2016 (oui, c’est un prix important pour nous les gens de là-haut) et il était du coup très attendu. Dans Huns, le but du jeu est très simple : il faut piller, encore piller, et toujours piller! Accessoirement, si le cœur vous en dit, vous pourrez piller, mais c’est vraiment vous qui voyez. Chaque joueur a un plateau de jeu (par ailleurs très accessoire) sur lequel il va poser des chariots vides qu’il va tenter de remplir de ressources pillées pour gagner des points. Au centre de la table, cinq paquets de cartes aux couleurs différentes sont mis en place avec les ressources et le dé qui leur correspondent.

L’idée, c’est de tirer tous les dés à chaque manche. Les joueurs vont ensuite chacun à leur tour réclamer un dé pour effectuer l’action qui lui est associé. Imaginons que je prenne le dé jaune et que celui-ci soit sur la face « 3 »,  je pourrais donc choisir entre prendre trois ressources jaunes ou prendre trois cartes jaunes pour en garder une devant moi et remettre les deux autres sous la pioche. Dès que tous les dés ont été utilisés, on change de premier joueur, on les relance et on recommence. C’est très simple.

Tout le sel du jeu réside dans les cartes que les joueurs peuvent récupérer. Les équipements (bleu) et les mercenaires (vert) vont vous donner des avantages importants. Les trésors (jaunes) vous donnent des objectifs supplémentaires pour avoir plus de points en fin de partie. Les razzias (rouge) sont des coups de pokers utilisables une seule fois mais qui déstabiliseront vos adversaires. Enfin, les fléaux (noir) sont juste là pour aller pourrir le jeu des autres et demeureront jusqu’à ce qu’on s’en débarrasse.

Cela donne des situations assez « immersives ». En tant que bon chef de guerre, j’ai recruté des mercenaires pour pouvoir piller plus de ressources et avoir plus de chariots. Mais mes rivaux, certainement jaloux, m’ont balancé quelques fléaux pour immobiliser mes mercenaires (trop occupés à chasser les loups) et mes chariots (sabotés pernicieusement). Mais qu’importe, nous nous sommes relevés ! Et si quelques razzias sont passées par là pour nous venger, nous n’en dirons pas plus.

Le jeu est avant tout fait d’opportunités. Quel dé m’est le plus utile, là tout de suite ? Quel dé serait utile à mon adversaire ? Comment endiguer le mercenaire infernal de mon voisin de gauche ? Et que faire pour empêcher celui de droite d’entasser encore plus de trésors ? Au final, il est impossible d’avoir une stratégie établie dès le début, ou même de savoir exactement comment en faire une sur le long terme. Il faut constamment s’adapter aux situations.

Et lorsque la fin arrive, il est difficile de résister à recommencer immédiatement une partie pour tester d’autres possibilités, ou, plus logiquement parce que vous êtes un Huns, de prendre sa revanche !