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Découverte – Solenia

par | 13 Fév 19 | Découverte, Gazette | 0 commentaires

Sébastien Dujardin a encore frappé. L’auteur de Deus et Troyes, le monsieur qui se cache derrière Pearl Games (Otys, Bruxelles 1893), vient de sortir une nouvelle pépite. Le jeu s’appelle Solenia et il est illustré par Vincent Dutrait. Je ne le fais pas exprès, il est partout cette année et comme à son habitude, il a su rendre le jeu magnifique.

Solenia est un jeu pour 1 à 4 joueurs qui devrait voue tenir en haleine pendant une petite heure.

Une fois que nous avons achevé de nous extasier devant les illustrations de la bête, nous avons décidé de l’ouvrir et d’en faire une partie. Dans Solenia, chaque joueur prend le contrôle d’un aéronef. Notre mission est d’une grande importance : nous devons livrer les peuples du jour et de la nuit et donc voyager d’un hémisphère à l’autre afin de répondre à leurs besoins. Celui qui parvient à prendre de vitesse ses concurrents et à collecter le plus d’étoiles d’or (la monnaie du jeu) remporte la partie.

Lors de la mise en place, une figurine d’aéronef est disposée au centre de l’espace de jeu. Celui-ci est constitué de 5 bandelettes qui indiquent l’aube, le jour, le crépuscule et la nuit. Au début de la partie, c’est l’aube : les deux premières bandelettes sont face « nuit », la bandelette centrale est face « aube » et les deux dernières sont face « jour ».

Avant d’aller plus loin, je tiens à souligner que la règle du jeu tiens sur une double page. Comme Topiary, un autre jeu que j’adore. Elle est très succincte et très élégante, la prise en main est donc immédiate. Tout le sel du jeu réside donc dans le comportement et les choix des joueurs. Comprenez par-là que même si vous comprenez la règle très vite, vous ne maîtriserez le jeu que bien plus tard.

Chaque joueur récupère 16 cartes de sa couleur. L’idée est de récupérer les ressources dont vous avez besoin pour effectuer le plus de livraisons possibles. La partie s’achève quand tout le monde a joué ses 16 cartes.

Quand c’est à mon tour, je joue l’une des trois cartes que j’ai en main. Elles ont trois valeurs : « 2 », « 1 » ou « 0 ». Je ne peux jouer ma carte que sur un emplacement vide et à condition que ce dernier soit adjacent à l’aéronef ou à une carte que j’ai déjà posée.

  1. Je joue ma carte sur une île de production : si j’ai joué un « 2 » sur une île qui produit du bois, je prends 2 bois que je stocke dans mon aéronef. Attention, je ne peux pas en stocker plus de 8 !
  2. Je joue ma carte sur une cité flottante : si j’ai joué un « 1 », je prends immédiatement 1 étoile et en plus, je dois effectuer une livraison. Je défausse alors les ressources nécessaires et j’empoche les étoiles qui correspondent à la livraison que je viens d’achever. Plus elle est difficile, plus elle donne d’étoiles.

Vous allez me dire : « oui, mais c’est tout ? ». Et bien, presque. Il y a quelques subtilités que nous n’aborderons pas ici. Par contre, on ne peut pas ne pas parler des cartes « 0 ».  Laissez-moi vous dire que ces cartes, c’est le Diable. Quand un joueur joue un « 0 », il ne récupère rien mais il fait avancer l’aéronef d’une case. Ensuite, on défausse toutes les cartes posées sur la première bandelette et on effectue leur pouvoir spécial. On retourne la bandelette et on la replace de l’autre côté, en dernière position. On a donc tout décalé d’une case. De cette manière, on simule le cycle « jour-nuit » et on a réellement l’impression que l’aéronef avance vers le crépuscule.

Et c’est là qu’on se rend compte que malgré la taille réduite de ses règles, Solenia vous réserve bien des surprises. On n’en attendait pas moins d’un jeu signé Sébastien Dujardin, d’ailleurs. On passe son temps à se demander comment optimiser sa course : faut-il faire plein de petites livraisons ou se concentrer sur les petites ? Plutôt la nuit ou le jour ? Quand est-il le plus intéressant pour moi de jouer un « 0 » ? Quel risque je prends si mon adversaire décide de jouer un « 0 » au plus mauvais moment ?

Et évidemment c’est un jeu qui pue les embrouilles. On se pique les livraisons, les emplacements de cité, les ressources… Tout ce qui peut être volé le sera. La mesquinerie est de mise et il n’est pas rare d’entendre un rire démoniaque au détour d’une action.

Les coups sont limités, il faut faire les bons choix ! Le jeu possède aussi une variante solo et une variante « experts ». Avec encore plus de fun et la possibilité de tordre les règles à son avantage, comme effectuer des livraisons pour le peuple du jour au milieu de la nuit…

C’est le jeu un peu couteau-suisse : il convient à un public familial car il est très accessible, mais il saura aussi se faire une place dans les ludothèques des joueurs avertis !