Découverte – Par Odin!

Découverte – Par Odin!

Je reste figé au bord du comptoir, devant les 9 dés qui ont l’air de me narguer. Le regard vide et l’esprit embrumé. Je n’ai pas la pression pourtant. Je joue seul et il n’y  a pas de sablier.  J’ai l’impression  d’avoir essayé toutes les combinaisons, mais je sais bien que non, puisque la solution m’échappe toujours. Il y a longtemps que j’ai abandonné toute dignité et que je compte sur mes doigts. Le plus dur, c’est de ne pas déplacer les dés, de ne pas les réarranger pour faciliter le travail de l’esprit. Puis soudain, l’illumination. Le traitre se déplace près du héros et l’assassine, le +4 devient +1, et la solution apparait naturellement.

 

J’avais fait la rencontre de « Par Odin ! » et de son créateur, Anthonin Boccara, il y a trois ans à Ludinord. Son prototype était déjà bien abouti, presque fini même, il ne manquait que la forme, qu’Oldchap a admirablement bien travaillée.

Le concept est simple, nous sommes des dieux du Valhalla et nous nous ennuyons. Nous avons qu’une distraction : les guerres humaines. Problème, c’est qu’il faut que les armées s’égalent pour qu’elles puissent recommencer à se battre.

Et voilà, un jeu de mathématiques et de logique, dans lequel le thème aide à digérer tout ça. On lance les dés, on y voit les héros (+3), les soldats (+1), les maudits (-1), on fait la somme des dés, on divise par deux, et pouf, deux camps de valeur égales.
Sauf que non. Il y a des variables. Les traitres (+1) annulent un héros de leur camp. Les mages ont pour valeur le nombre de dés non mages de leur camp. Et je ne parle pas des dés spéciaux, les animaux fantastiques, qui viennent doubler le pouvoir d’un dé ou inverser la valeur d’un autre.

En version casse-tête, le jeu se joue seul, avec un livret de défi bien écrit et qui nous introduit petit à petit aux nouvelles mécaniques. Et quand on a fini le livret, on se retrouve avec nos 9 dés à lancer, aux combinaisons infinies (et autrement plus ardues), à partager entre amis initiés.

Une démo jouable se trouve sur leur site : ici , je vous invite vivement à essayer.

 

Unlock Versus Exit

Unlock Versus Exit

Unlock et Exit ont une mécanique commune: résoudre des énigmes en se creusant la tête. La ressemblance s’arrête là. Mais cela leur a suffit pour se vouer une détestation sans limite.
Nous leur donnons l’occasion de régler leurs différends (dû à leur point commun, quelle ironie) dans une confrontation publique.

Kissékiki va gagner ?

 

« Oh tiens, mais qui voilà, Monsieur Exit !
Ou plutôt devrais-je dire, Monsieur-je-copie-tout ! »

 

« Oh, bien entendu, parce que c’est toi qui as inventé les Escapes Games.
Ça va les chevilles ? »

 

« J’ai inventé le concept des Escapes Games en Boite, oui !
Tout le plaisir de résoudre des énigmes, à la maison ! »

« Et moi je l’ai amélioré, le concept !
Parce que oui, résoudre des énigmes c’est bien, mais coté sensation, t’es nul.
Moi j’ai de la manipulation, des roues à assembler, une boite à fouiller… »

 

« …et des cartes à déchirer. Parce que tu passes ça sous silence,
mais je te rappelle qu’une fois fini, tu es inutilisable.
Alors que je peux être prêter à des amis et resservir.
Et j’ai une ambiance sonore, un cachet, des indices pour aider les plus en difficulté… »

 

« Pfff, t’as une ambiance sonore uniquement parce que tu as besoin d’une application pour être joué.
Tu sais que l’auteur de l’article n’a toujours pas pu faire de parties parce qu’il n’a pas le téléphone pour ?
C’est triste, devoir jouer avec un téléphone portable à un jeu de société. »

 

« Il n’a pas non plus fait de parties d’Exit, gros malin. »

« Alors que moi, il m’a essayé, et même qu’il m’a bien aimé »

 

« Attend, t’es qui toi ? »

 

« C’est Deckscape, il vient de sortir.
Une aventure que tu peux prêter. »

 

« Oulà je suis perdu, vous êtes qui ? »

 

« Les nouveaux : Escape the room, EscapeBox et Deckscape.
Arrêtez de radoter et poussez-vous,
faites de la place dans le rayon. »

 

 

 

Welcome Versus Qwinto

Welcome Versus Qwinto

Qwinto et Welcome ont une mécanique commune: mettre des nombres croissant dans des rangées de cases. La ressemblance s’arrête là. Mais cela leur a suffit pour se vouer une haine sans limite.
Nous leur donnons l’occasion de régler leurs différends (dû à leur point commun, quelle ironie) dans une confrontation publique.

 

« Bon je te laisse commencer, honneur aux vieux ! »

  « Quand tu dis vieux, tu veux dire référence dans le genre ? «

« Oh l’autre hey, il est sorti en 2015,
et ça y est, il croit être un classique ».

  « Un peu de respect pour ton aîné, gamin ! »

« Ah mais moi je parlais de l’âge pour te laisser une chance,
parce que si on parle contenu…
Rappelle-moi, 3 dés et un bloc c’est ça ? »

 « Parce que c’est mieux toi ? Un bloc de feuille et une centaine de cartes.
Moi au moins, j’ai les crayons pour écrire sur les feuilles,
je me retrouve pas comme un idiot à pas pouvoir écrire les numéros. »

« Pff parlons-en ! 4 crayons dans la boite…
Tu prétends être jouable de 2 à 6 joueurs…
C’est bien, t’es nul en maths, c’est dommage pour un jeu de calcul.
Alors que moi, tu vois,  tu peux jouer de 1 jusqu’à 100 joueurs. Ça t’en bouches un coin ! »

 « Vraiment, 100 joueurs ? C’est du flan ton truc.
T’imagines les 100 joueurs autour de la table ?
Ils ne pourraient même pas lire les cartes.
Moi, t’annonces les résultats, tout le monde note, et on avance.
Tu choisis même les dés que tu lances, pour faire ta stratégie en
fonction de ce qui intéresserait tes adversaires ! »

« Paye ta richesse de jeu !
J’ai 3 cartes nombre combinées à 3 cartes actions parmi 6 ! C’est bien plus riche!
Et puis, excuse-moi du peu, on construit une ville nous.
C’est quoi ton thème toi ? Ah oui, y’en a pas.
Tes développeurs ont épuisé toute leur imagination sur la couleur des dés,
il n’y avait plus le budget pour te thématiser. »

 « Super! Maintenant t’appelles 3 pauvres rues une ville.
Je suis le plus vieux mais pas le plus sénile. Et oui, parlons budget.
Je coute 13€, j’ai une boite métal élégante et je tiens dans la poche.
T’es à combien toi ? Une boite carrée de 20 cm, en carton, qui coûte 20 €… »

« J’ai la décence d’avoir  un visuel moi môsieur.
Une règle avec des exemples, des penses bêtes qui collent au thème,
tout est dans l’immersion. »


« Hey les copains, vous parlez de quoi ? »

« Oh non, pas lui…  »

Découverte – Brothers

Découverte – Brothers

Je me suis frotté à Brothers il y a 5 ou 6 ans, lors de vacances au ski dans un chalet dédié aux jeux de société. J’y avais rencontré Christophe Boelinger, qui avait dans ses cartons (littéralement, une petite boite en carton) un prototype d’un jeu abstrait avec des pièces en L et en I. J’avais adoré et devinez quoi ? J’adore encore.

Brothers est ce que j’appelle un jeu abstrait thématisé. Un jeu qui a 5 ou 6 règles, comme les échecs ou les dames, mais auquel on a collé un imaginaire, des illustrations, un scénario. Là, il s’agit d’installer des enclos de Bouftous pour un frère et des enclos de Wabbit pour l’autre, dans une prairie biscornue.

Comme pour tous les jeux abstraits thématisés, on aura rien à faire. Il s’agit surtout de faire rentrer des tuiles de deux formes différentes dans un plateau qu’on aura construit à tour de rôle en début de partie. On jouera nos pièces chacun notre tour. La stratégie consiste donc à se ménager des espaces de notre forme sur le plateau. C’est malin, et ça l’est encore plus quand ça commence dès la construction du terrain.

Une partie dure 10 min, et on en fera deux en changeant de camp, parce que les tuiles n’ont pas la même valeur selon la forme (oui, une forme est plus facile à placer que l’autre). Un très bon jeu abstrait comme on en fait plus beaucoup.

Découverte – Kitchen Rush

Découverte – Kitchen Rush

Je ne cuisine jamais. Je ne suis définitivement pas orienté gastronomie. Tout au plus un cordon bleu petit pois chauffé au micro-ondes vient pimenter mon régime alimentaire autrement constitué de pâtes/knacki. Alors quand Kitchen Rush est arrivé sur la table de l’Annexe, à côté de mon sandwich de midi, j’étais sceptique.

Nous l’avons testé à 4 joueurs. Dans ce jeu, il s’agit de gérer la cuisine d’un grand restaurant.

Après une mise en place un poil longuette (prévoir une grande table, le jeu a tendance à s’étaler), il faut reconnaitre que c’est efficace. Les 4 manches de 4 minutes chacune s’enchainent admirablement bien (compter une vingtaine de minute pour une partie).
Il y a 8 actions possibles, de la prise de commande à la cuisson, en passant par la plonge ou le ravitaillement. Ces actions sont rapidement comprises et assimilées, bien que certaines ne soient pas très pratique (le fait de déplacer l’argent de la réserve vers le bureau est intempestif).

Chaque joueur gère deux salariés, représentés par deux sabliers de 30 secondes. Sur une manche de 4 minutes, c’est long. On a donc 8 actions par salarié, au mieux. Si les premières sont faciles à décider (prendre une commande, préparer les aliments), les suivantes demandent un minimum de réflexion et surtout de coordination : ravitailler le stock ou faire la plonge sont des actions qui rendent service à tous les joueurs en optimisant leurs actions.
Il faut également bien communiquer sur nos besoins (« plus de carottes, quelqu’un peut aller en acheter pour mon ragout ? » ou  « Vite laisse-moi ta place au fourneau je n’ai plus qu’une cuisson et j’aurais le pourboire »). Cependant, les interactions entre joueurs restent minimales. Certes, on se coordonne tant  bien que mal, mais chacun fait sa propre commande, avec ses propres cuissons, son propre service, etc.

Le jeu révèle très vite son côté ambiance ! C’est frénétique, on n’a pas le temps de penser, les commandes pleuvent, les aliments viennent à manquer et la fin des 4 minutes nous surprend en plein milieu d’une cuisson. Si, au premier abord, nous avons regretté l’absence de  sablier de 4 minutes pour les manches, la bande son officiel proposé sur internet apporte une belle immersion, avec bruits de cuisine et commentaires du chef en bonus (le décompte des minutes est indispensable).

Le jeu va même plus loin, en nous demandant de payer les salariés et en nous laissant la possibilité d’améliorer la cuisine (en achetant des fourneaux ou un commis supplémentaire par exemple). On manque vite d’argent pour les salaires, ce qui signifie continuer avec un seul sablier

C’est un vrai jeu de gestion, avec sa mécanique de pose d’ouvriers et d’objectifs de fin de manche. La difficulté est au rendez-vous, et tant mieux pour un jeu coopératif. Il y a même une option de cartes évènements aléatoires en fin de manche qui tombent comme un cheveu sur la soupe.

A la fin de notre partie, une bouchée à la reine pas assez cuite vient nous faire perdre une étoile nécessaire à l’objectif de base que nous avions pioché. Tout le monde s’accorde à dire (traîtres) que c’est mon manque de pratique des fourneaux qui nous a fait perdre.

Un bon jeu coopératif, familial, dont la mécanique colle parfaitement au thème.